Petit journal du Festival – Jeudi 7 juillet 2016

« Petit Film » de ce Jeudi 7 juillet 2016!

Bonne lecture :) !Petit journal jeudi2 Petit journal jeudi

Petit Journal du Festival – Mercredi 6 juillet

Le Festival continue, avec toujours autant de découvertes, bonne humeur et rencontres. L’occasion pour vous d’en avoir un aperçu à travers le « Petit Film » de ce mercredi 6 juillet!
 
Bonne lecture :) !
Petit journal mercredi
Petit journal mercredi2

Interview complète de Tal Greenberg

Interview realized for the movie KAPUNKA, in competition this year.

  • Could you make a short synopsis of the film KAPUNKA?

Synopsis-

For the coming year when Shmulik must let his land lie fallow, he decides to disregard the Rabbinate law and sells his land to Changrong, his most senior Thai worker.

Certain that he has made the greatest play of his life, Shmulik awakens the following day only to discover his once calm reality shattered. Shocked, he will do anything to return it to the way it was.

A shorter Synopsis-

In order to get around a requirement for Jews to leave their fields fallow once every 7 years,

Shmulik ‘sells’ his land to his Thai laborer leading to unexpected consequences.

  • Why did you choose to make a movie about this subject in particular?

Few years ago I heard a sentence that says if you love something because you own it and not because what it is- it’s not a real love.

When « Gesher foundation » in Israel asked filmmakers to suggest films about fallow year, what we call in Israel « shnat shmita », that sentence jumped back to my head and I was wondering to myself how far will a man go and fight while defending what’s his, and why.

In addition I was challenged by dealing with a historical subject taking place in a modern life.

The one thing that was clear to me from the beginning was that I was sure I want to tell the story with a lot of humor.

  • What do you want to criticize in the film?

I think we usually forget every win we achieve contains a great loss, and this is one of the things we usually ignore while fighting our wars.

KAPUNKA is a satirical comedy about a man who’s trying to evade his ancient tradition but finds himself defending his grounds from an unexpected direction.

Every step Shmulik does makes the hole he’s in dipper, realizing that only compassion rather that tradition will get him out of his mess.

  • The plot takes support on the theme of the religions.
    However, you don’t really give any information about it to the viewers. Why did you make this choice? And why did you choose these religions in particular? 

Fallow year means that every seven years in the land of Israel Jewish farmers are obligated to let their land lie fallow for an entire year. during this year they can’t work or make a living from their own land.

I’m sure most of the people are not familiar with this biblical command; however, to my concern, this is not the main issue of the film.
I would like to think this film is more about human nature rather than its traditional meanings; therefore there was no point explaining the religious details and just let the characters tell the story.

Israel saw a lot of fighting over its small lands, mostly between Arabs and Jews. By choosing Buddhism (which is a bit surrealistic in Israel) I was trying to let the viewer watch the film without any prejudices and without relating it directly to the Arab-Jewish conflict.

  • How do you feel about being in the selection of the Festival? Do you have any expectation or hope?

Making a film takes a lot of effort, energy, time, team work and money.
I believe the reward for this is film festivals, not only because it’s a great experience, but mainly because it’s a great platform for the film to be shown in places it wouldn’t have been shown in otherwise.
I’m super excited from this festival; I just LOVE France, I’ve been in Paris many times but never in Grenoble. From what I heard it’s an amazing place with nice people and great scenery.
The thing that excites me the most is to screen the film to new audiences.

 

interview complète de Boureima Nabaloum

Interview réalisée pour la présentation du film en compétition Un coup de balai sur le pont. 

  • Pourriez-vous nous faire un bref résumé du film ?

Les habitants d’un quartier pauvre séparé par un fleuve mouvementé du reste de la ville, décident de se réunir pour construire un pont qui leur permettrait d’accéder aux bienfaits du centre-ville.
Un leader s’impose à coup de promesses.
Mais alors que le chantier avance, le leader grossit jusqu’à bloquer entièrement le passage.
Une nouvelle lutte doit alors commencer. Une résurrection populaire contre la dictature, en quête de la démocratie.

  • Quel message souhaitez-vous faire passer à travers ce film ?

La construction d’une société responsable, au service de ses citoyens, ne se réalise pas à coup des promesses. Tant qu’on suit aveuglement un chef autoproclamé ou un système qui s’impose, l’avenir aura l’image d’un passage de fortune. Une prise de conscience collective est vitale pour aboutir aux idéaux communs.

  • L’utilisation de l’image du pont semble du registre de la métaphore, que symbolise-t-elle pour vous ?

Le pont, c’est la transition, le passage d’un état à un autre, politique, social, sociétal, économique. Et il ressemblera à une passerelle bancale et éphémère tant que sa construction se limite à une simple exécution de tâches, rythmée par un dictateur en quête de pouvoir absolu.

 

  • Comment avez-vous réalisé ce film (écriture du scénario, techniques de réalisation…) ?

Le film a été réalisé dans le cadre du concours « Filmer les passages dans les villes africaines » organisé par l’Institut pour la ville en mouvement. J’avais proposé l’idée du film et le contexte au jury du concours et puis nous avons écrit le scénario avec les producteurs qui m’ont accompagné dans ce projet. La charte graphique est inspirée de mes oeuvres réalisées à l’acrylique. Les textures de mes toiles ont été photographiées et retravaillées sur Photoshop avant d’être intégrées dans les animations TVpaint. Le tout monté par la suite dans After Effects et Premiere.

  • Pourquoi avoir fait le choix de l’animation pour ce film ? Qu’est-ce que cette particularité formelle vous permet de faire en plus ?

Notre quotidien est saturé d’images réelles, de vidéos, de snapchats, etc. Souvent les messages importants se noient dans ce flot d’information sans donner le temps de se poser et de réfléchir aux informations réellement transmises. L’animation permet justement ce temps de pose, de réflexion, de construction. Puis, l’animation donne une palette interminable des moyens d’expression ( d’idées, de sentiments, de points de vue).

  • Pourquoi avoir fait le choix d’utiliser des rimes pour renforcer le message ?

L’idée n’est pas de renforcer le message par des rimes. J’ose espérer que pour ceux qui sont plus ou moins informés du contexte, les images suffisent à elles-mêmes pour comprendre le message. Pour moi il était important de laisser s’exprimer les artistes venant de différents horizons (le slameur burkinabé Valian, très engagé dans les mouvements populaires; le musicien Djoufo Traore, homme orchestre d’instruments traditionnels,  qui termine le film par l’hymne national écrit à l’époque de Thomas Sankara ; et toute l’équipe d’animateurs, dont moi-même, qui vient de l’univers des arts plastiques, de la BD, de la caricature) A l’image du peuple du film, les artistes se sont réunis autour de ce projet pour aboutir à une oeuvre accomplie. J’espère que nous l’avons réussi un minimum.

  • Qu’est ce qui a motivé votre désir de faire ce film ?

Le contexte du pays, l’envie de faire passer un message à toute une génération qui peut avancer et faire avancer la société. Cette génération qui doit prendre conscience du pouvoir qu’elle détient une fois unie, et la manière dont ce pouvoir pourrait être utilisé au service du pays, du continent, du monde.

  • A quelle Histoire le film fait-il écho ?

Un coup de balai sur un pont  est un film d’animation qui met en exergue le pont Martin Luther King JR, à Ouagadougou, capitale du Burkina Faso, qui sépare les barrages numéros 02 et 03 situés à Tanghin. Ce pont est un véritable connecteur entre les populations des quartiers populaires de Tampouy et Tanghin et de ceux du centre-ville, quartiers administratifs, quartiers d’affaires. Il voit passer des milliers de gens par jour.
Le  31 octobre 2014, jour fatidique de l’insurrection populaire qui voulait balayer  le régime de dictature du président Blaise Compaoré, ce pont a été le théâtre d’une course poursuite interminable et décisive, entre les forces de l’ordre et les manifestants qui a conduit finalement au triomphe du peuple et de la démocratie.

  • Quel est votre ressenti concernant la sélection de votre film dans la catégorie Compétition?

Je n’ai pas fait ce film pour gagner des prix, mais je suis extrêmement reconnaissant au comité de sélection d’avoir trouvé que Un coup de balai sur le pont méritait d’être vu par un grand public (D’autant plus que les projections se passent en plein air)

Interview complète d’Uriel Jaouen Zrehn

Uriel Jaouen Zrehn Du Plomb dans l’aileUn an après…

Lors de la 38ème édition du Festival du Film Court de Grenoble, en 2015, Uriel Jaouen Zrehn gagne le Prix d’aide à la création pour son court métrage Du plomb dans l’aile. Qu’en est-il de ses avancées, de ses projets, de ses accomplissements un an après la réception de ce prix ?

  • Pouvez-vous nous faire un bref résumé de votre film ?

       Du Plomb dans l’aile, c’est l’histoire d’un burkinabé sans papiers qui passe de l’enfer au paradis, pendant quelques jours, le temps d’un mensonge. A partir du moment où ce dernier parvient à se détacher de l’étiquette de sans-papier qui lui colle à la peau, tous les obstacles aux rapports humains disparaissent.

  • Avez-vous le sentiment que le message principal du film a été bien compris par le public ?

La projection à Grenoble était la première projection et j’ai eu la grande chance d’avoir une rencontre avec le public et un retour de sa part. Je pense que le message est passé, que ça a bousculé, frappé, que ça a soulevé des interrogations. Ce qui est très intéressant. Ce n’est pas tant un message que j’essaye de faire passer mais plus un ressenti, je veux faire créer un questionnement.

  • Pensez-vous que le sujet sensible et complètement ancré dans les problèmes sociaux actuels a pu accroitre l’impact que le film a eu sur le public ?

J’ai l’impression que le film est sorti avant toutes les polémiques et toute l’actualité d’aujourd’hui qui concerne l’immigration. Des retours que j’en ai eu, c’est surtout le regard ni angélique, ni en surface sur un immigré qui a touché. Un immigré n’est pas forcément un ange mais il est traversé par des tensions et c’est cela que j’ai voulu creuser. Ce qui a touché, c’est le regard sur un homme dans la galère, à qui il arrive de voler, mais dont on sent bien qu’il est traversé par quelque chose de profond et plus noble. Il fait des choses mal, mais il est traversé par des choses qui sont beaucoup plus douloureuses.

  • Comment avez-vous vécu et ressenti le festival (ambiance, diffusion en plein air, proximité avec le public) ? Seriez-vous prêt à retenter l’expérience ?

Ce festival est un festival génial, Grenoble est une ville où je ne n’étais jamais venu et qui est très belle. La place et les terrasses sont pleines, il fait beau et les projections sont de bonne qualité. Le Festival du Film Court en Plein Air permet une rencontre avec le public, ce qui est super pour un réalisateur qui montre un premier film.

  • Un an après quel bilan pouvez-vous faire suite à votre récompense ? La diffusion de votre court métrage sur histoire courte de France 2 est-elle une conséquence du prix que vous avez reçu l’an dernier ?

C’était la première sélection du film, et en plus avec un prix d’aide à la création, ce qui a été un moteur. Peu de festivals visionnent des films aussi longs (environ 30 minutes ). Ceux qui le font sont des festivals audacieux et courageux. J’ai également envoyé Du Plomb Dans l’aile  à Clermont-Ferrand qui l’a sélectionné, ce qui incita sa rediffusion sur Histoire Courte de France 2. Ensuite, le film a été sélectionné aux festivals de Nice et de Rennes.

  • Quels conseils donneriez-vous aux participants et futurs participants du festival ?

J’ai deux conseils. Premièrement, il ne faut pas hésiter à envoyer un film, que la réponse soit non ou oui. C’est important de recevoir des avis positifs et négatifs, cela questionne sur les envies de faire des films et permet d’ être plus solide face aux retours si c’est négatif. Le film existe à partir du moment où il est envoyé, le réalisateur assume et a envie de partager, s’il n’en a pas l’envie ça ne sert à rien de le faire. Deuxièmement, il ne faut pas se prendre la tête pour un festival. C’est cool, il ne s’agit que de partages et de rencontres. Il faut y aller pour rencontrer et profiter.

  • Ce prix vous a-t-il donné envie de faire de nouveaux courts métrages ? Ou même de passer aux longs métrages ? Quels sont vos plans pour le futur ?

Depuis la fin du festival, j’ai réalisé 5 courts-métrages (en Finlande, à Paris, en Israël, et un autre à Paris sur le thème de l’immigration russe). Ce prix a été un tremplin personnel et existentiel. Ce festival a sélectionné mon premier film produit dans les règles de l’art, et cela a été un encouragement énorme. Le festival a eu un impact énorme sur mes envies de créer et de partager des choses avec le public. Cela a été une consécration car j’ai réussi à partager mes envies.

J’ai plusieurs courts métrages en production et un long métrage en développement.

Ce dernier va clairement s’inscrire dans la continuité de Du plomb dans l’aile.