Palmarès officiel 2016 du 39ème Festival du Film Court en Plein Air

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Interview complète de Lionel Auguste

  • Pourriez-vous nous faire un bref résumé du film Le Mécène ?

Antoine rentre chez lui et découvre sa femme au lit avec un inconnu. Alors que l’amant s’éclipse rapidement, Antoine attend Mélanie dans le salon. Mais la dispute attendue n’a pas lieu, et un étrange jeu commence…

  • Que voulez-vous transmettre au spectateur ?

Oh, vous savez, je n’ai pas l’ambition ni la prétention d’avoir un message à transmettre à travers cette comédie un peu cynique.

Disons que si le spectateur se fait balader par le scénario comme mon personnage principal se fait balader par Antoine, alors le pari est réussi.

  • D’où vous est venu l’idée du scénario ?

A un moment donné de ma carrière de comédien, une période où je ne travaillais pas assez, j’ai été tenté de me tourner vers mon autre passion, la photographie. Mais en discutant avec des photographes pros, je me suis vite rendu compte que le numérique avait fait beaucoup de mal au métier. J’aurais certainement quitté un métier instable pour un métier encore pire…mais au passage j’avais eu cette idée de scénario.

Le reste, et notamment la musique de Gotan Project, la Patagonie, ce sont des choses que j’ai en adoration en moi depuis des années. Quant à l’industrie du péage d’autoroute, je me suis juste inspiré de la vie professionnelle de mon père qui travaille dans ce domaine… à Meylan !

  • Cherchez-vous à pointer du doigt à travers ce film un phénomène de société en lien direct avec l’argent, la corruption dans le monde de la culture ?

Non, encore une fois, je n’ai pas cette ambition. Ça n’est pas un film coup de poing ou engagé, juste une comédie de situations, avec une chute finale que j’espère inattendue et surprenante. Mais il est vrai qu’il amène un peu à se poser la question du financement de l’art, et de la moralité parfois douteuse des gens de la Culture. Comme dans tous les domaines, en somme…

  • Vous êtes à la fois réalisateur et acteur principal du film ? Pourquoi avoir fait ce choix ? Comment s’est de ce fait passé le tournage ?

Je vous corrige, pour moi le rôle principal du film ce n’est pas le personnage que j’interprète, mais celui de Jean-Paul. En tout cas j’ai construit mon film depuis le début avec cette idée : il faut que les spectateurs s’identifient à lui. Après, c’est vrai qu’en cumulant la production, la réalisation et la comédie, j’ai eu à gérer beaucoup de paramètres, parfois dans la même minute ! Mais vous savez, de la même manière qu’on n’abandonne pas ses enfants, je n’ai jamais imaginé confier le scénario à un autre réalisateur ou le rôle que j’interprète à un autre comédien. Question de contrôle, j’avais mon film en tête, je devais le diriger.

Sur le tournage cela s’est très bien passé parce que j’ai eu la chance d’être entouré d’une équipe de dingue, quand je repense à tous ces gens qui ont mis leur temps, leur énergie, leur talent et leur créativité au service de mon scénario, je n’en reviens toujours pas…

  • Que suscite chez vous la sélection du court-métrage en festival et particulièrement dans celui de Grenoble ?

Grenoble est le premier festival auquel j’ai soumis mon film, et c’est donc une première sélection, quand je lis que les sélectionneurs ont reçus quelque chose comme 5000 films, qu’ils en ont sélectionné 34 en compétition et que Le Mécène en fait partie, je suis forcément très fier pour toute mon équipe, comédiens, techniciens et figurants qui ont travaillé bénévolement sur ce projet. Cette sélection vient récompenser tous les efforts depuis un an.

Et puis, évidemment pour moi qui suis né à Saint-Martin-d’Hères, qui ai passé les 20 premières années de ma vie ici, qui suis allé au lycée Champollion, et qui ai encore toute ma famille dans les environs (Crolles, Claix, Varces, Uriage…) être sélectionné à Grenoble, nondegu de nondegu, quel bonheur !

  • Le final de votre court-métrage relève de la comédie. Pourquoi ce choix ?

En écrivant le scénario, ça s’est imposé à moi, sans doute parce que je préfère naturellement me marrer. La scène de la galerie est propice à bien des moments de gêne et de fausses pistes, je voulais en profiter pour perdre et faire rire le spectateur. Au final, j’ai fait le choix de « racheter » mes personnages, le salaud n’est pas si salaud, sa victime s’en tire avec les honneurs… Et puis ça me permettait de jouer avec les ambiances et les lumières, la première partie du film a été traitée comme un thriller (musique suspense, lumières à dominante bleue, cadres rapides) alors que la fin est plus chaude, veloutée et jazzy.

  • Comment avez-vous fait le choix des acteurs ?

Pas de casting, ce sont tous des gens que j’avais croisé dans le métier au cours de précédents projets ou des gens qui m’avaient été recommandés par des amis de confiance. J’ai juste suivi mon intuition et mon envie de travailler avec ces comédiens et comédiennes que j’estime, et qui sont en plus remplis d’humour et d’humilité, qualités essentielles quand on tourne un court-métrage auto-financé J.

Quand je vois que des comédiens comme José Paul, qui a une immense expérience au théâtre, ou comme Benoit Allemane dont la voix est très très connue, m’ont fait l’amitié de participer au projet, et avec quel engagement, quelle chance j’ai eu !

Interview complète de Francis Gavelle

  • Pourriez-vous nous faire un bref résumé du film Cour de récré ?

Dans une école primaire, à la récréation, petits garçons et petites filles courent, crient, se poursuivent, sautent sur place au gré de leurs jeux. Mais, à ces jeux insouciants de l’enfance, vient se mêler une découverte saisissante : celle des premiers émois.

  • D’où vous vient l’idée de faire ce film ?

Quand j’étais à l’école maternelle, j’étais amoureux d’une petite fille et très jaloux, dès qu’elle dansait avec les autres petits garçons. De tout cela, bien sûr, je n’ai pas le moindre souvenir. Tout ce que j’en sais, c’est ce que mes parents m’en ont raconté. Quelques décennies plus tard, peut-être ce souvenir m’est-il revenu en mémoire, lorsque je commençai à écrire une nouvelle intitulé Cour de récréation. Une chose est sûre, en tout cas : ce texte naquit sous l’effet d’un emballement amoureux. (…)

  • Quel message souhaitez-vous faire passer à travers ce film ?

Il n’y a pas de message à faire passer. Un cinéaste n’est ni un publicitaire, ni un politique ! Plutôt une réflexion à amener – que le spectateur n’est pas le moins du monde obligé de suivre, pour autant – qui pourrait faire dire ceci du film : Cour de récré est un film qui parle de « la violence faite aux femmes par les hommes, et aux hommes par la société ». Cette violence, s’appuyant sur deux injonctions inlassablement répétées, soit de manière frontale, soit de façon subliminale, depuis l’enfance – pour les femmes, « plais », et, pour les hommes, « sois performant » -, peut finir par provoquer un sentiment de frustration, chez celui qui, fragilisé, n’arrive pas à correspondre à la norme assenée. Un sentiment de frustration que l’on retourne, au mieux, contre soi ; au pire, contre celui ou celle que l’on estime à l’origine de cet état émotionnel perturbant.

  • Quel public cherchez-vous à toucher ? On penserait à un public enfantin au début mais plus le film avance plus la dimension candide s’efface. Pensez-vous qu’un enfant puisse être sensible et comprendre le message de ce film ?

Elle est toujours étonnante, cette question du « public visé »… En fait, sous prétexte que le cinéma d’animation se voit apposé – surtout en long métrage – l’étiquette « jeune public » ou « public familial », il faut s’exprimer sur ce point. En même temps, je sais que certains sélectionneurs en festivals se posent cette question : « A qui cela s’adresse-t-il ? » Ils sont, du coup, un peu déboussolés et ne savent pas comment appréhender et programmer – quand ils l’estiment digne d’intérêt – le film. Une chose est sûre, nous n’avons eu, à ce jour, aucune sélection ou programmation dans des festivals ou séances spéciales, destinés exclusivement au « jeune public ».

En tout cas, disons, pour revenir au coeur de votre question, que Cour de récré joue avec les codes de la narration « jeunesse » (récit en forme de comptine ; style graphique plutôt « doux », porté par notre volonté de départ de ne pas rajouter du « sombre au sombre »), pour s’en détourner, venir les « gripper », au fur et à mesure que les enjeux de relation entre les personnages s’affirment. Peut-être est-ce aussi une manière de préciser que le monde de l’enfance est également un monde de cruauté – ce que les enfants savent très bien, d’ailleurs, et qui fait que, pour eux, la violence du film se marque d’évidence ; là où les adultes espèrent encore n’avoir pas bien « saisi l’image », qu’ils viennent de voir.

Tout cela, en fait, m’amène à repenser à ces propos de Claire Simon, évoquant en marge de son documentaire, Récréations, le premier jour d’école de sa fille. Elle disait : « Quand j’ai vu la cour de récréation, je me suis dit : Si elle s’en sort là, elle s’en sortira partout. »

  • La lecture de ce film semble bien plus complexe qu’elle en à l’air. Réside-t-il une signification dans les taches d’encre colorées qui apparaissent à l’écran ?

On peut dire que les taches d’encre colorées sont une façon, non directement explicative et littéraire, de dire les émotions qui submergent les personnages. C’était une idée juste en germe dans le scénario, que Claire (Inguimberty) a proposé de développer, d’approfondir, de rendre récurrente en cours de narration – le scénario ne les mentionnait qu’en début et fin de film – à partir du moment où elle a pris en charge, entre autres, la création graphique du film.

Mais, à côté des taches d’encre colorées, on pourrait aussi évoquer l’importance du « blanc » dans le film. Avec sa structure en flash-back, ce « blanc » nous renvoie, peut-être, aux limbes de la mémoire, au décalage entre la réalité des faits et le filtre du souvenir. Un homme – la voix off masculine de début et fin de film – raconte un événement traumatique de son enfance ; mais qu’en a-t-il vraiment gardé en mémoire, qu’en a-t-il effacé ? Et ce « blanc », d’où il nous parle, pourrait-il symboliser un lieu (je n’en dis rien, exprès), où il se trouve désormais ? Car, après un tel geste, quelle a été sa vie ? Et puis, on peut songer au fait que le blanc, suivant les époques et les cultures, est aussi la couleur du deuil.

  • Quel est votre ressenti concernant la sélection de votre film au festival de Grenoble ? Avez-vous des attentes, des espoirs ?

En fait, ce sera ma première venue au Festival de Grenoble. Je connaissais le Festival de réputation ; mais n’avais jamais eu l’occasion de m’y rendre. Cette sélection de Cour de récré en sera donc une et je m’en réjouis ! D’autant plus, petite anecdote, que deux membres de l’équipe du film sont originaires de Grenoble : Sabrina Duval, la compositrice, et Yan Volsy, le monteur son. Sabrina sera, de fait, avec moi, pour accompagner le film.

Sinon, j’avoue qu’il y a un moment, que j’attends avec impatience, c’est la projection en plein air. En effet, après tout ce que nous venons d’évoquer concernant le public soi-disant visé par le film ; j’ai hâte de découvrir comment « se comporte » le film, en-dehors de l’écrin de concentration, que représente la salle obscure, et comment un public de « passage », à la concentration mouvante, se retrouve – ou pas – happé par un film, qui dérive de la comptine au drame. D’ailleurs, en cette période de congés, peut-être, même tard, y aura-t-il des enfants, jeunes ou plus âgés, sur la place ; alors comment aborderont-ils le film ? Et comment, aussi, leurs parents y réagiront-ils, à l’instant même, et après ? A voir…

Interview complète de Christa Eka Assam

    • Pouvez-vous nous faire un petit résumé de votre film ?
    • Alma est une jolie jeune femme vivant avec son mari dans un petit village de pêche, situé dans la campagne du Cameroun. Ce qui semble être une existence idyllique au départ tourne vite en une histoire poignante, de violence domestique dans un environnement où la communauté ne fait rien.
    • Quel message souhaitez-vous faire passer à travers ce film ?

La plupart des gens pensent toujours que deux types de personnes sont inclus dans une situation de violence conjugale: les victimes et les agresseurs.  Je pense qu’un troisième camp est concerné: les personnes proches de la victime, que ce soit la famille, les amis ou même les voisins. Ce sont eux qui, bien souvent, sont concernés au tout début de la violence, mais qui deviennent très vite muets ». Mon message est : “Nous ne pouvons pas devenir muets. Nous devons faire quelque chose avant qu’il ne soit trop tard, que les victimes perdent leurs vies, leurs membres ou leur raison”.

    • D’où vient l’idée du nom du film “ALMA”?

’ai découvert ce nom pendant que je lisais extrait de script d’un ami, bien avant que je commence à travailler sur mon propre scénario. Pour je ne sais quelle raison, ce nom es resté dans ma tête. J’en ai donc regardé le sens, et cela signifie en italien/espagnol “L’âme de l’esprit” et “gentil, aimant, rempli de bonté ” en Latin. J’ai comme l’impression que le personnage a choisi son nom.

    • D’où vous est venue l’idée de faire ce court-métrage ?

Pendant juin 2014, je discutais avec mon ami Achille Brice, qui est également le Co-producteur d’Alma. Il mentionna que le “Jour Internation pour l’Elimination de la Violence Conjugale Contre les Femmes”, se tenant le 25 Novembre, allait arriver très prochainement et proposa que nous réalisions un film sur la violence conjugale. J’ai accepté, et je fais de nombreuses recherches sur le sujet, car je ne connaissais pas grand chose sur le sujet. C’est ainsi qu’”Alma” est né. (j’ai pas tout traduit, parce que je ne pense pas qu’on aura la place dans le petit journal)

    • Pourquoi avoir choisi le point de vue du voisin et non pas celui d’Alma ? Est-ce un moyen de donner une dimension universelle au film ?

Oui je pense cela. Dans mes recherches, j’ai trouvé que la plupart des films traitant de ce sujet se basaient sur le point de vue de la victime ou de l’agresseur, ce qui dissociait en quelque sorte les personnes autour d’eux (famille, amis, voisins…). Je souhaitais réaliser un film qui puisse toucher tout le monde. Nous faisons partis de la majorité, nous pouvons donc faire quelque chose si une telle situation arrive, en étant bien sûr sensibilisés correctement sur le sujet.

    • Pourquoi avoir choisi de faire un court-métrage plutôt qu’un long métrage pour le film ALMA ?

Notre intention première était de réaliser un court-métrage, bien avant de créer l’histoire. Quand on regarde les critiques et les commentaires que le film a déjà reçu, je pense que l’histoire fonctionne bien dans un court-métrage, en partageant correctement le message.

    • Que suscite chez vous la sélection de Alma en festival ? Avez-vous des attentes ou des espoirs ?

Je suis vraiment exaltée qu’ “ Alma” soit dans la compétition! J’ai lu sur le site du Festival que pour la première fois dans l’histoire du festival, des films africains sont sélectionnés et en compétition. C’est donc un honneur pour mon équipe et moi-même.

J’espère que le public grenoblois appréciera mon film et repartiront emprunts de mon message après la séance. La raison pour laquelle nous racontons des histoires, est pour qu’elles soient entendues. Je veux que l’histoire d’”Alma” soit entendue par le plus grand monde.  

 

 

 

 

Petit Journal du 8 juillet 2016

Bonjour à toutes et tous!
Pour bien commencer votre journée, vous pouvez retrouver le petit Film du Vendredi 8 juillet, disponible juste ci-dessous!

Belle lecture!

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