Interview complète de Christa Eka Assam

    • Pouvez-vous nous faire un petit résumé de votre film ?
    • Alma est une jolie jeune femme vivant avec son mari dans un petit village de pêche, situé dans la campagne du Cameroun. Ce qui semble être une existence idyllique au départ tourne vite en une histoire poignante, de violence domestique dans un environnement où la communauté ne fait rien.
    • Quel message souhaitez-vous faire passer à travers ce film ?

La plupart des gens pensent toujours que deux types de personnes sont inclus dans une situation de violence conjugale: les victimes et les agresseurs.  Je pense qu’un troisième camp est concerné: les personnes proches de la victime, que ce soit la famille, les amis ou même les voisins. Ce sont eux qui, bien souvent, sont concernés au tout début de la violence, mais qui deviennent très vite muets ». Mon message est : “Nous ne pouvons pas devenir muets. Nous devons faire quelque chose avant qu’il ne soit trop tard, que les victimes perdent leurs vies, leurs membres ou leur raison”.

    • D’où vient l’idée du nom du film “ALMA”?

’ai découvert ce nom pendant que je lisais extrait de script d’un ami, bien avant que je commence à travailler sur mon propre scénario. Pour je ne sais quelle raison, ce nom es resté dans ma tête. J’en ai donc regardé le sens, et cela signifie en italien/espagnol “L’âme de l’esprit” et “gentil, aimant, rempli de bonté ” en Latin. J’ai comme l’impression que le personnage a choisi son nom.

    • D’où vous est venue l’idée de faire ce court-métrage ?

Pendant juin 2014, je discutais avec mon ami Achille Brice, qui est également le Co-producteur d’Alma. Il mentionna que le “Jour Internation pour l’Elimination de la Violence Conjugale Contre les Femmes”, se tenant le 25 Novembre, allait arriver très prochainement et proposa que nous réalisions un film sur la violence conjugale. J’ai accepté, et je fais de nombreuses recherches sur le sujet, car je ne connaissais pas grand chose sur le sujet. C’est ainsi qu’”Alma” est né. (j’ai pas tout traduit, parce que je ne pense pas qu’on aura la place dans le petit journal)

    • Pourquoi avoir choisi le point de vue du voisin et non pas celui d’Alma ? Est-ce un moyen de donner une dimension universelle au film ?

Oui je pense cela. Dans mes recherches, j’ai trouvé que la plupart des films traitant de ce sujet se basaient sur le point de vue de la victime ou de l’agresseur, ce qui dissociait en quelque sorte les personnes autour d’eux (famille, amis, voisins…). Je souhaitais réaliser un film qui puisse toucher tout le monde. Nous faisons partis de la majorité, nous pouvons donc faire quelque chose si une telle situation arrive, en étant bien sûr sensibilisés correctement sur le sujet.

    • Pourquoi avoir choisi de faire un court-métrage plutôt qu’un long métrage pour le film ALMA ?

Notre intention première était de réaliser un court-métrage, bien avant de créer l’histoire. Quand on regarde les critiques et les commentaires que le film a déjà reçu, je pense que l’histoire fonctionne bien dans un court-métrage, en partageant correctement le message.

    • Que suscite chez vous la sélection de Alma en festival ? Avez-vous des attentes ou des espoirs ?

Je suis vraiment exaltée qu’ “ Alma” soit dans la compétition! J’ai lu sur le site du Festival que pour la première fois dans l’histoire du festival, des films africains sont sélectionnés et en compétition. C’est donc un honneur pour mon équipe et moi-même.

J’espère que le public grenoblois appréciera mon film et repartiront emprunts de mon message après la séance. La raison pour laquelle nous racontons des histoires, est pour qu’elles soient entendues. Je veux que l’histoire d’”Alma” soit entendue par le plus grand monde.