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Palmarès officiel 2016 du 39ème Festival du Film Court en Plein Air

Découvrez le Palmarès officiel 2016 du 39ème Festival du Film Court en Plein Air.

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Interview complète de Lionel Auguste

  • Pourriez-vous nous faire un bref résumé du film Le Mécène ?

Antoine rentre chez lui et découvre sa femme au lit avec un inconnu. Alors que l’amant s’éclipse rapidement, Antoine attend Mélanie dans le salon. Mais la dispute attendue n’a pas lieu, et un étrange jeu commence…

  • Que voulez-vous transmettre au spectateur ?

Oh, vous savez, je n’ai pas l’ambition ni la prétention d’avoir un message à transmettre à travers cette comédie un peu cynique.

Disons que si le spectateur se fait balader par le scénario comme mon personnage principal se fait balader par Antoine, alors le pari est réussi.

  • D’où vous est venu l’idée du scénario ?

A un moment donné de ma carrière de comédien, une période où je ne travaillais pas assez, j’ai été tenté de me tourner vers mon autre passion, la photographie. Mais en discutant avec des photographes pros, je me suis vite rendu compte que le numérique avait fait beaucoup de mal au métier. J’aurais certainement quitté un métier instable pour un métier encore pire…mais au passage j’avais eu cette idée de scénario.

Le reste, et notamment la musique de Gotan Project, la Patagonie, ce sont des choses que j’ai en adoration en moi depuis des années. Quant à l’industrie du péage d’autoroute, je me suis juste inspiré de la vie professionnelle de mon père qui travaille dans ce domaine… à Meylan !

  • Cherchez-vous à pointer du doigt à travers ce film un phénomène de société en lien direct avec l’argent, la corruption dans le monde de la culture ?

Non, encore une fois, je n’ai pas cette ambition. Ça n’est pas un film coup de poing ou engagé, juste une comédie de situations, avec une chute finale que j’espère inattendue et surprenante. Mais il est vrai qu’il amène un peu à se poser la question du financement de l’art, et de la moralité parfois douteuse des gens de la Culture. Comme dans tous les domaines, en somme…

  • Vous êtes à la fois réalisateur et acteur principal du film ? Pourquoi avoir fait ce choix ? Comment s’est de ce fait passé le tournage ?

Je vous corrige, pour moi le rôle principal du film ce n’est pas le personnage que j’interprète, mais celui de Jean-Paul. En tout cas j’ai construit mon film depuis le début avec cette idée : il faut que les spectateurs s’identifient à lui. Après, c’est vrai qu’en cumulant la production, la réalisation et la comédie, j’ai eu à gérer beaucoup de paramètres, parfois dans la même minute ! Mais vous savez, de la même manière qu’on n’abandonne pas ses enfants, je n’ai jamais imaginé confier le scénario à un autre réalisateur ou le rôle que j’interprète à un autre comédien. Question de contrôle, j’avais mon film en tête, je devais le diriger.

Sur le tournage cela s’est très bien passé parce que j’ai eu la chance d’être entouré d’une équipe de dingue, quand je repense à tous ces gens qui ont mis leur temps, leur énergie, leur talent et leur créativité au service de mon scénario, je n’en reviens toujours pas…

  • Que suscite chez vous la sélection du court-métrage en festival et particulièrement dans celui de Grenoble ?

Grenoble est le premier festival auquel j’ai soumis mon film, et c’est donc une première sélection, quand je lis que les sélectionneurs ont reçus quelque chose comme 5000 films, qu’ils en ont sélectionné 34 en compétition et que Le Mécène en fait partie, je suis forcément très fier pour toute mon équipe, comédiens, techniciens et figurants qui ont travaillé bénévolement sur ce projet. Cette sélection vient récompenser tous les efforts depuis un an.

Et puis, évidemment pour moi qui suis né à Saint-Martin-d’Hères, qui ai passé les 20 premières années de ma vie ici, qui suis allé au lycée Champollion, et qui ai encore toute ma famille dans les environs (Crolles, Claix, Varces, Uriage…) être sélectionné à Grenoble, nondegu de nondegu, quel bonheur !

  • Le final de votre court-métrage relève de la comédie. Pourquoi ce choix ?

En écrivant le scénario, ça s’est imposé à moi, sans doute parce que je préfère naturellement me marrer. La scène de la galerie est propice à bien des moments de gêne et de fausses pistes, je voulais en profiter pour perdre et faire rire le spectateur. Au final, j’ai fait le choix de « racheter » mes personnages, le salaud n’est pas si salaud, sa victime s’en tire avec les honneurs… Et puis ça me permettait de jouer avec les ambiances et les lumières, la première partie du film a été traitée comme un thriller (musique suspense, lumières à dominante bleue, cadres rapides) alors que la fin est plus chaude, veloutée et jazzy.

  • Comment avez-vous fait le choix des acteurs ?

Pas de casting, ce sont tous des gens que j’avais croisé dans le métier au cours de précédents projets ou des gens qui m’avaient été recommandés par des amis de confiance. J’ai juste suivi mon intuition et mon envie de travailler avec ces comédiens et comédiennes que j’estime, et qui sont en plus remplis d’humour et d’humilité, qualités essentielles quand on tourne un court-métrage auto-financé J.

Quand je vois que des comédiens comme José Paul, qui a une immense expérience au théâtre, ou comme Benoit Allemane dont la voix est très très connue, m’ont fait l’amitié de participer au projet, et avec quel engagement, quelle chance j’ai eu !

Interview complète de Francis Gavelle

  • Pourriez-vous nous faire un bref résumé du film Cour de récré ?

Dans une école primaire, à la récréation, petits garçons et petites filles courent, crient, se poursuivent, sautent sur place au gré de leurs jeux. Mais, à ces jeux insouciants de l’enfance, vient se mêler une découverte saisissante : celle des premiers émois.

  • D’où vous vient l’idée de faire ce film ?

Quand j’étais à l’école maternelle, j’étais amoureux d’une petite fille et très jaloux, dès qu’elle dansait avec les autres petits garçons. De tout cela, bien sûr, je n’ai pas le moindre souvenir. Tout ce que j’en sais, c’est ce que mes parents m’en ont raconté. Quelques décennies plus tard, peut-être ce souvenir m’est-il revenu en mémoire, lorsque je commençai à écrire une nouvelle intitulé Cour de récréation. Une chose est sûre, en tout cas : ce texte naquit sous l’effet d’un emballement amoureux. (…)

  • Quel message souhaitez-vous faire passer à travers ce film ?

Il n’y a pas de message à faire passer. Un cinéaste n’est ni un publicitaire, ni un politique ! Plutôt une réflexion à amener – que le spectateur n’est pas le moins du monde obligé de suivre, pour autant – qui pourrait faire dire ceci du film : Cour de récré est un film qui parle de « la violence faite aux femmes par les hommes, et aux hommes par la société ». Cette violence, s’appuyant sur deux injonctions inlassablement répétées, soit de manière frontale, soit de façon subliminale, depuis l’enfance – pour les femmes, « plais », et, pour les hommes, « sois performant » -, peut finir par provoquer un sentiment de frustration, chez celui qui, fragilisé, n’arrive pas à correspondre à la norme assenée. Un sentiment de frustration que l’on retourne, au mieux, contre soi ; au pire, contre celui ou celle que l’on estime à l’origine de cet état émotionnel perturbant.

  • Quel public cherchez-vous à toucher ? On penserait à un public enfantin au début mais plus le film avance plus la dimension candide s’efface. Pensez-vous qu’un enfant puisse être sensible et comprendre le message de ce film ?

Elle est toujours étonnante, cette question du « public visé »… En fait, sous prétexte que le cinéma d’animation se voit apposé – surtout en long métrage – l’étiquette « jeune public » ou « public familial », il faut s’exprimer sur ce point. En même temps, je sais que certains sélectionneurs en festivals se posent cette question : « A qui cela s’adresse-t-il ? » Ils sont, du coup, un peu déboussolés et ne savent pas comment appréhender et programmer – quand ils l’estiment digne d’intérêt – le film. Une chose est sûre, nous n’avons eu, à ce jour, aucune sélection ou programmation dans des festivals ou séances spéciales, destinés exclusivement au « jeune public ».

En tout cas, disons, pour revenir au coeur de votre question, que Cour de récré joue avec les codes de la narration « jeunesse » (récit en forme de comptine ; style graphique plutôt « doux », porté par notre volonté de départ de ne pas rajouter du « sombre au sombre »), pour s’en détourner, venir les « gripper », au fur et à mesure que les enjeux de relation entre les personnages s’affirment. Peut-être est-ce aussi une manière de préciser que le monde de l’enfance est également un monde de cruauté – ce que les enfants savent très bien, d’ailleurs, et qui fait que, pour eux, la violence du film se marque d’évidence ; là où les adultes espèrent encore n’avoir pas bien « saisi l’image », qu’ils viennent de voir.

Tout cela, en fait, m’amène à repenser à ces propos de Claire Simon, évoquant en marge de son documentaire, Récréations, le premier jour d’école de sa fille. Elle disait : « Quand j’ai vu la cour de récréation, je me suis dit : Si elle s’en sort là, elle s’en sortira partout. »

  • La lecture de ce film semble bien plus complexe qu’elle en à l’air. Réside-t-il une signification dans les taches d’encre colorées qui apparaissent à l’écran ?

On peut dire que les taches d’encre colorées sont une façon, non directement explicative et littéraire, de dire les émotions qui submergent les personnages. C’était une idée juste en germe dans le scénario, que Claire (Inguimberty) a proposé de développer, d’approfondir, de rendre récurrente en cours de narration – le scénario ne les mentionnait qu’en début et fin de film – à partir du moment où elle a pris en charge, entre autres, la création graphique du film.

Mais, à côté des taches d’encre colorées, on pourrait aussi évoquer l’importance du « blanc » dans le film. Avec sa structure en flash-back, ce « blanc » nous renvoie, peut-être, aux limbes de la mémoire, au décalage entre la réalité des faits et le filtre du souvenir. Un homme – la voix off masculine de début et fin de film – raconte un événement traumatique de son enfance ; mais qu’en a-t-il vraiment gardé en mémoire, qu’en a-t-il effacé ? Et ce « blanc », d’où il nous parle, pourrait-il symboliser un lieu (je n’en dis rien, exprès), où il se trouve désormais ? Car, après un tel geste, quelle a été sa vie ? Et puis, on peut songer au fait que le blanc, suivant les époques et les cultures, est aussi la couleur du deuil.

  • Quel est votre ressenti concernant la sélection de votre film au festival de Grenoble ? Avez-vous des attentes, des espoirs ?

En fait, ce sera ma première venue au Festival de Grenoble. Je connaissais le Festival de réputation ; mais n’avais jamais eu l’occasion de m’y rendre. Cette sélection de Cour de récré en sera donc une et je m’en réjouis ! D’autant plus, petite anecdote, que deux membres de l’équipe du film sont originaires de Grenoble : Sabrina Duval, la compositrice, et Yan Volsy, le monteur son. Sabrina sera, de fait, avec moi, pour accompagner le film.

Sinon, j’avoue qu’il y a un moment, que j’attends avec impatience, c’est la projection en plein air. En effet, après tout ce que nous venons d’évoquer concernant le public soi-disant visé par le film ; j’ai hâte de découvrir comment « se comporte » le film, en-dehors de l’écrin de concentration, que représente la salle obscure, et comment un public de « passage », à la concentration mouvante, se retrouve – ou pas – happé par un film, qui dérive de la comptine au drame. D’ailleurs, en cette période de congés, peut-être, même tard, y aura-t-il des enfants, jeunes ou plus âgés, sur la place ; alors comment aborderont-ils le film ? Et comment, aussi, leurs parents y réagiront-ils, à l’instant même, et après ? A voir…

Interview complète de Christa Eka Assam

    • Pouvez-vous nous faire un petit résumé de votre film ?
    • Alma est une jolie jeune femme vivant avec son mari dans un petit village de pêche, situé dans la campagne du Cameroun. Ce qui semble être une existence idyllique au départ tourne vite en une histoire poignante, de violence domestique dans un environnement où la communauté ne fait rien.
    • Quel message souhaitez-vous faire passer à travers ce film ?

La plupart des gens pensent toujours que deux types de personnes sont inclus dans une situation de violence conjugale: les victimes et les agresseurs.  Je pense qu’un troisième camp est concerné: les personnes proches de la victime, que ce soit la famille, les amis ou même les voisins. Ce sont eux qui, bien souvent, sont concernés au tout début de la violence, mais qui deviennent très vite muets ». Mon message est : “Nous ne pouvons pas devenir muets. Nous devons faire quelque chose avant qu’il ne soit trop tard, que les victimes perdent leurs vies, leurs membres ou leur raison”.

    • D’où vient l’idée du nom du film “ALMA”?

’ai découvert ce nom pendant que je lisais extrait de script d’un ami, bien avant que je commence à travailler sur mon propre scénario. Pour je ne sais quelle raison, ce nom es resté dans ma tête. J’en ai donc regardé le sens, et cela signifie en italien/espagnol “L’âme de l’esprit” et “gentil, aimant, rempli de bonté ” en Latin. J’ai comme l’impression que le personnage a choisi son nom.

    • D’où vous est venue l’idée de faire ce court-métrage ?

Pendant juin 2014, je discutais avec mon ami Achille Brice, qui est également le Co-producteur d’Alma. Il mentionna que le “Jour Internation pour l’Elimination de la Violence Conjugale Contre les Femmes”, se tenant le 25 Novembre, allait arriver très prochainement et proposa que nous réalisions un film sur la violence conjugale. J’ai accepté, et je fais de nombreuses recherches sur le sujet, car je ne connaissais pas grand chose sur le sujet. C’est ainsi qu’”Alma” est né. (j’ai pas tout traduit, parce que je ne pense pas qu’on aura la place dans le petit journal)

    • Pourquoi avoir choisi le point de vue du voisin et non pas celui d’Alma ? Est-ce un moyen de donner une dimension universelle au film ?

Oui je pense cela. Dans mes recherches, j’ai trouvé que la plupart des films traitant de ce sujet se basaient sur le point de vue de la victime ou de l’agresseur, ce qui dissociait en quelque sorte les personnes autour d’eux (famille, amis, voisins…). Je souhaitais réaliser un film qui puisse toucher tout le monde. Nous faisons partis de la majorité, nous pouvons donc faire quelque chose si une telle situation arrive, en étant bien sûr sensibilisés correctement sur le sujet.

    • Pourquoi avoir choisi de faire un court-métrage plutôt qu’un long métrage pour le film ALMA ?

Notre intention première était de réaliser un court-métrage, bien avant de créer l’histoire. Quand on regarde les critiques et les commentaires que le film a déjà reçu, je pense que l’histoire fonctionne bien dans un court-métrage, en partageant correctement le message.

    • Que suscite chez vous la sélection de Alma en festival ? Avez-vous des attentes ou des espoirs ?

Je suis vraiment exaltée qu’ “ Alma” soit dans la compétition! J’ai lu sur le site du Festival que pour la première fois dans l’histoire du festival, des films africains sont sélectionnés et en compétition. C’est donc un honneur pour mon équipe et moi-même.

J’espère que le public grenoblois appréciera mon film et repartiront emprunts de mon message après la séance. La raison pour laquelle nous racontons des histoires, est pour qu’elles soient entendues. Je veux que l’histoire d’”Alma” soit entendue par le plus grand monde.  

 

 

 

 

Petit Journal du 8 juillet 2016

Bonjour à toutes et tous!
Pour bien commencer votre journée, vous pouvez retrouver le petit Film du Vendredi 8 juillet, disponible juste ci-dessous!

Belle lecture!

Petit journal vendredi2 Petit journal vendredi

Petit journal du Festival – Jeudi 7 juillet 2016

« Petit Film » de ce Jeudi 7 juillet 2016!

Bonne lecture :) !Petit journal jeudi2 Petit journal jeudi

Petit Journal du Festival – Mercredi 6 juillet

Le Festival continue, avec toujours autant de découvertes, bonne humeur et rencontres. L’occasion pour vous d’en avoir un aperçu à travers le « Petit Film » de ce mercredi 6 juillet!
 
Bonne lecture :) !
Petit journal mercredi
Petit journal mercredi2

Interview complète de Tal Greenberg

Interview realized for the movie KAPUNKA, in competition this year.

  • Could you make a short synopsis of the film KAPUNKA?

Synopsis-

For the coming year when Shmulik must let his land lie fallow, he decides to disregard the Rabbinate law and sells his land to Changrong, his most senior Thai worker.

Certain that he has made the greatest play of his life, Shmulik awakens the following day only to discover his once calm reality shattered. Shocked, he will do anything to return it to the way it was.

A shorter Synopsis-

In order to get around a requirement for Jews to leave their fields fallow once every 7 years,

Shmulik ‘sells’ his land to his Thai laborer leading to unexpected consequences.

  • Why did you choose to make a movie about this subject in particular?

Few years ago I heard a sentence that says if you love something because you own it and not because what it is- it’s not a real love.

When « Gesher foundation » in Israel asked filmmakers to suggest films about fallow year, what we call in Israel « shnat shmita », that sentence jumped back to my head and I was wondering to myself how far will a man go and fight while defending what’s his, and why.

In addition I was challenged by dealing with a historical subject taking place in a modern life.

The one thing that was clear to me from the beginning was that I was sure I want to tell the story with a lot of humor.

  • What do you want to criticize in the film?

I think we usually forget every win we achieve contains a great loss, and this is one of the things we usually ignore while fighting our wars.

KAPUNKA is a satirical comedy about a man who’s trying to evade his ancient tradition but finds himself defending his grounds from an unexpected direction.

Every step Shmulik does makes the hole he’s in dipper, realizing that only compassion rather that tradition will get him out of his mess.

  • The plot takes support on the theme of the religions.
    However, you don’t really give any information about it to the viewers. Why did you make this choice? And why did you choose these religions in particular? 

Fallow year means that every seven years in the land of Israel Jewish farmers are obligated to let their land lie fallow for an entire year. during this year they can’t work or make a living from their own land.

I’m sure most of the people are not familiar with this biblical command; however, to my concern, this is not the main issue of the film.
I would like to think this film is more about human nature rather than its traditional meanings; therefore there was no point explaining the religious details and just let the characters tell the story.

Israel saw a lot of fighting over its small lands, mostly between Arabs and Jews. By choosing Buddhism (which is a bit surrealistic in Israel) I was trying to let the viewer watch the film without any prejudices and without relating it directly to the Arab-Jewish conflict.

  • How do you feel about being in the selection of the Festival? Do you have any expectation or hope?

Making a film takes a lot of effort, energy, time, team work and money.
I believe the reward for this is film festivals, not only because it’s a great experience, but mainly because it’s a great platform for the film to be shown in places it wouldn’t have been shown in otherwise.
I’m super excited from this festival; I just LOVE France, I’ve been in Paris many times but never in Grenoble. From what I heard it’s an amazing place with nice people and great scenery.
The thing that excites me the most is to screen the film to new audiences.

 

interview complète de Boureima Nabaloum

Interview réalisée pour la présentation du film en compétition Un coup de balai sur le pont. 

  • Pourriez-vous nous faire un bref résumé du film ?

Les habitants d’un quartier pauvre séparé par un fleuve mouvementé du reste de la ville, décident de se réunir pour construire un pont qui leur permettrait d’accéder aux bienfaits du centre-ville.
Un leader s’impose à coup de promesses.
Mais alors que le chantier avance, le leader grossit jusqu’à bloquer entièrement le passage.
Une nouvelle lutte doit alors commencer. Une résurrection populaire contre la dictature, en quête de la démocratie.

  • Quel message souhaitez-vous faire passer à travers ce film ?

La construction d’une société responsable, au service de ses citoyens, ne se réalise pas à coup des promesses. Tant qu’on suit aveuglement un chef autoproclamé ou un système qui s’impose, l’avenir aura l’image d’un passage de fortune. Une prise de conscience collective est vitale pour aboutir aux idéaux communs.

  • L’utilisation de l’image du pont semble du registre de la métaphore, que symbolise-t-elle pour vous ?

Le pont, c’est la transition, le passage d’un état à un autre, politique, social, sociétal, économique. Et il ressemblera à une passerelle bancale et éphémère tant que sa construction se limite à une simple exécution de tâches, rythmée par un dictateur en quête de pouvoir absolu.

 

  • Comment avez-vous réalisé ce film (écriture du scénario, techniques de réalisation…) ?

Le film a été réalisé dans le cadre du concours « Filmer les passages dans les villes africaines » organisé par l’Institut pour la ville en mouvement. J’avais proposé l’idée du film et le contexte au jury du concours et puis nous avons écrit le scénario avec les producteurs qui m’ont accompagné dans ce projet. La charte graphique est inspirée de mes oeuvres réalisées à l’acrylique. Les textures de mes toiles ont été photographiées et retravaillées sur Photoshop avant d’être intégrées dans les animations TVpaint. Le tout monté par la suite dans After Effects et Premiere.

  • Pourquoi avoir fait le choix de l’animation pour ce film ? Qu’est-ce que cette particularité formelle vous permet de faire en plus ?

Notre quotidien est saturé d’images réelles, de vidéos, de snapchats, etc. Souvent les messages importants se noient dans ce flot d’information sans donner le temps de se poser et de réfléchir aux informations réellement transmises. L’animation permet justement ce temps de pose, de réflexion, de construction. Puis, l’animation donne une palette interminable des moyens d’expression ( d’idées, de sentiments, de points de vue).

  • Pourquoi avoir fait le choix d’utiliser des rimes pour renforcer le message ?

L’idée n’est pas de renforcer le message par des rimes. J’ose espérer que pour ceux qui sont plus ou moins informés du contexte, les images suffisent à elles-mêmes pour comprendre le message. Pour moi il était important de laisser s’exprimer les artistes venant de différents horizons (le slameur burkinabé Valian, très engagé dans les mouvements populaires; le musicien Djoufo Traore, homme orchestre d’instruments traditionnels,  qui termine le film par l’hymne national écrit à l’époque de Thomas Sankara ; et toute l’équipe d’animateurs, dont moi-même, qui vient de l’univers des arts plastiques, de la BD, de la caricature) A l’image du peuple du film, les artistes se sont réunis autour de ce projet pour aboutir à une oeuvre accomplie. J’espère que nous l’avons réussi un minimum.

  • Qu’est ce qui a motivé votre désir de faire ce film ?

Le contexte du pays, l’envie de faire passer un message à toute une génération qui peut avancer et faire avancer la société. Cette génération qui doit prendre conscience du pouvoir qu’elle détient une fois unie, et la manière dont ce pouvoir pourrait être utilisé au service du pays, du continent, du monde.

  • A quelle Histoire le film fait-il écho ?

Un coup de balai sur un pont  est un film d’animation qui met en exergue le pont Martin Luther King JR, à Ouagadougou, capitale du Burkina Faso, qui sépare les barrages numéros 02 et 03 situés à Tanghin. Ce pont est un véritable connecteur entre les populations des quartiers populaires de Tampouy et Tanghin et de ceux du centre-ville, quartiers administratifs, quartiers d’affaires. Il voit passer des milliers de gens par jour.
Le  31 octobre 2014, jour fatidique de l’insurrection populaire qui voulait balayer  le régime de dictature du président Blaise Compaoré, ce pont a été le théâtre d’une course poursuite interminable et décisive, entre les forces de l’ordre et les manifestants qui a conduit finalement au triomphe du peuple et de la démocratie.

  • Quel est votre ressenti concernant la sélection de votre film dans la catégorie Compétition?

Je n’ai pas fait ce film pour gagner des prix, mais je suis extrêmement reconnaissant au comité de sélection d’avoir trouvé que Un coup de balai sur le pont méritait d’être vu par un grand public (D’autant plus que les projections se passent en plein air)

Interview complète d’Uriel Jaouen Zrehn

Uriel Jaouen Zrehn Du Plomb dans l’aileUn an après…

Lors de la 38ème édition du Festival du Film Court de Grenoble, en 2015, Uriel Jaouen Zrehn gagne le Prix d’aide à la création pour son court métrage Du plomb dans l’aile. Qu’en est-il de ses avancées, de ses projets, de ses accomplissements un an après la réception de ce prix ?

  • Pouvez-vous nous faire un bref résumé de votre film ?

       Du Plomb dans l’aile, c’est l’histoire d’un burkinabé sans papiers qui passe de l’enfer au paradis, pendant quelques jours, le temps d’un mensonge. A partir du moment où ce dernier parvient à se détacher de l’étiquette de sans-papier qui lui colle à la peau, tous les obstacles aux rapports humains disparaissent.

  • Avez-vous le sentiment que le message principal du film a été bien compris par le public ?

La projection à Grenoble était la première projection et j’ai eu la grande chance d’avoir une rencontre avec le public et un retour de sa part. Je pense que le message est passé, que ça a bousculé, frappé, que ça a soulevé des interrogations. Ce qui est très intéressant. Ce n’est pas tant un message que j’essaye de faire passer mais plus un ressenti, je veux faire créer un questionnement.

  • Pensez-vous que le sujet sensible et complètement ancré dans les problèmes sociaux actuels a pu accroitre l’impact que le film a eu sur le public ?

J’ai l’impression que le film est sorti avant toutes les polémiques et toute l’actualité d’aujourd’hui qui concerne l’immigration. Des retours que j’en ai eu, c’est surtout le regard ni angélique, ni en surface sur un immigré qui a touché. Un immigré n’est pas forcément un ange mais il est traversé par des tensions et c’est cela que j’ai voulu creuser. Ce qui a touché, c’est le regard sur un homme dans la galère, à qui il arrive de voler, mais dont on sent bien qu’il est traversé par quelque chose de profond et plus noble. Il fait des choses mal, mais il est traversé par des choses qui sont beaucoup plus douloureuses.

  • Comment avez-vous vécu et ressenti le festival (ambiance, diffusion en plein air, proximité avec le public) ? Seriez-vous prêt à retenter l’expérience ?

Ce festival est un festival génial, Grenoble est une ville où je ne n’étais jamais venu et qui est très belle. La place et les terrasses sont pleines, il fait beau et les projections sont de bonne qualité. Le Festival du Film Court en Plein Air permet une rencontre avec le public, ce qui est super pour un réalisateur qui montre un premier film.

  • Un an après quel bilan pouvez-vous faire suite à votre récompense ? La diffusion de votre court métrage sur histoire courte de France 2 est-elle une conséquence du prix que vous avez reçu l’an dernier ?

C’était la première sélection du film, et en plus avec un prix d’aide à la création, ce qui a été un moteur. Peu de festivals visionnent des films aussi longs (environ 30 minutes ). Ceux qui le font sont des festivals audacieux et courageux. J’ai également envoyé Du Plomb Dans l’aile  à Clermont-Ferrand qui l’a sélectionné, ce qui incita sa rediffusion sur Histoire Courte de France 2. Ensuite, le film a été sélectionné aux festivals de Nice et de Rennes.

  • Quels conseils donneriez-vous aux participants et futurs participants du festival ?

J’ai deux conseils. Premièrement, il ne faut pas hésiter à envoyer un film, que la réponse soit non ou oui. C’est important de recevoir des avis positifs et négatifs, cela questionne sur les envies de faire des films et permet d’ être plus solide face aux retours si c’est négatif. Le film existe à partir du moment où il est envoyé, le réalisateur assume et a envie de partager, s’il n’en a pas l’envie ça ne sert à rien de le faire. Deuxièmement, il ne faut pas se prendre la tête pour un festival. C’est cool, il ne s’agit que de partages et de rencontres. Il faut y aller pour rencontrer et profiter.

  • Ce prix vous a-t-il donné envie de faire de nouveaux courts métrages ? Ou même de passer aux longs métrages ? Quels sont vos plans pour le futur ?

Depuis la fin du festival, j’ai réalisé 5 courts-métrages (en Finlande, à Paris, en Israël, et un autre à Paris sur le thème de l’immigration russe). Ce prix a été un tremplin personnel et existentiel. Ce festival a sélectionné mon premier film produit dans les règles de l’art, et cela a été un encouragement énorme. Le festival a eu un impact énorme sur mes envies de créer et de partager des choses avec le public. Cela a été une consécration car j’ai réussi à partager mes envies.

J’ai plusieurs courts métrages en production et un long métrage en développement.

Ce dernier va clairement s’inscrire dans la continuité de Du plomb dans l’aile.